Discours de Rosie Malek Yonan à la Chambre des Lords sur le Génocide

Agence de Presse AINA: Rosie Malek Yonan auteur de The Crimson Field est conseillère en Centre SEYFO en Europe et aux USA. Elle a été invitée à lire une déclaration le 12 mars 2008, sous la présidence de Lord Rea Voici sa déclaration:

“Afin de lutter pour la paix du monde, nous devons d’abord nettoyer la maison. Je veux dire que nous devons reconnaître tous les génocides sans exception. Tant que ces plaies ne seront pas guéries, nous continuerons à faire passer la haine et la colère envers d’autres, car nous nous sentons sans défense. Il est temps d’arrêter le cycle de violence et de haine en entamant un dialogue au sujet des atrocités qu’ont subies les peuples de toutes les nations, particulièrement ceux qui ont été victimes de génocide.

Aucune nation n’est au-dessus des autres. Aucun génocide n’est plus important que les autres. La définition même du génocide est le massacre délibéré d’un important groupe de personnes, particulièrement celles d’un groupe ethnique ou d’une nation.

La reconnaissance et l’acceptation du génocide, et d’un meurtre de masse des nations n’est pas seulement destinée à montrer du doigt le tyran coupable de ces crimes. C’est l’acceptation des faits et des vérités dans le but final de construire des ponts entre les races. Il ne s’agit pas seulement de condamner mais de créer les premières mesures vers la paix du monde.”

Le 24 avril 2008, Ms. Malek-Yonan fut priée de faire une autre déclaration pour être lue à la Chambre des Communes à Londres, le jour de commémoration du Génocide arménien. Conférence présidée par Andrew George M.P.

Déclaration de Rosie Malek-Yonan à la Chambre des Communes (Londres):

“L’absence de négociation pour la paix mondiale est la seule et plus grande menace pour l’humanité et l’avenir d’un monde sans violence.

Afin d’atteindre la liberté par la guerre, nous devons examiner les actions qui créent continuellement le cycle de colère et de haine, , catalyseur de tout conflit entre les nations.

La paix du monde restera toujours une pensée lointaine, si la réconciliation pour les résultats du génocide n’est pas la préoccupation principale de toutes les discussions sur les violations des droits humains concernant ces crimes.

Quand nous tolérons perpétuellement la pratique du génocide et de l’holocauste, et consentons à la dénégation de telles actions durant des décennies comme dans le cas des Assyriens, des Arméniens et des Grecs Pontiques, nous consentons essentiellement au négationnisme comme un compromis. La dénégation n’est pas un compromis.

Aux survivants et aux enfants et petits-enfants des rescapés des génocides assyriens, arméniens et Grecs Pontiques, perpétrés par la Turquie ottomane en 1914-1918, ainsi qu’au nord-ouest de l’Iran, il n y a aucune justification pour l’acte de démentir les faits.

Avec la reconnaissance des génocides passés et présents, nous pouvons lentement commencer à reconstruire les ponts brisés qui peuvent finalement conduire la race humaine à éradiquer les actes sanglants et la violence parmi les nations de ce monde. Mais tant que nous fermerons les yeux sur ces tueries, nous consentons au meurtre qui continue, comme le génocide assyrien qui a lieu aujourd’hui en Irak depuis le début de la guerre en 2003.

Une déclaration officielle du gouvernement turc sur le génocide arménien, assyrien et grec pontique, mettra fin définitivement à la rupture non seulement avec les survivants du génocide, mais aussi avec le peuple turc et leur haine presque séculaire, et donnera naissance à une solidarité humaine. Tout ce qui ne sera pas fait à ce sujet continuera sûrement à menacer tout espoir de paix.”

La version originale: AINA

ArmeNews – Traduction de Louise Kiffer-Sarian, avec l’aimable permission de l’auteur.

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